Fear and Loathing at WhiteFrontier

Dans un souci de qualité, vos très humble serviteurs (oui, on est vraiment très humble, tellement que je pense qu’on ne le répète jamais assez) ont décidé d’aller en préparation de la prochaine visite de brasserie, le 21 octobre, reconnaitre le terrain. On ne sait jamais quelles embuches un buveur pourrait malencontreusement rencontrer.

En effet, nos amis de White Frontier, non content d’avoir bati une jolie installation brassicole dans les faubourgs octodurois, ont eu l’initiative d’y accoler une taproom. Comme bon nombre de buveurs, vous devez vous demander de quoi il s’agit. De ce que j’en ai déduit, taproom est un mot à la mode pour désigner le bar accolé à la brasserie et où l’on sert logiquement des pressions (d’où le terme tap).

Fear and Loathing in White Frontier

Ainsi donc, le jeudi 14 septembre avait lieu l’inauguration pro à laquelle nous étions conviés. J’aime bien l’idée d’être considéré comme un pro de la Bière alors que mon job consiste à rester assis devant un ordinateur toute la journée. Bref,  après quelques 10 minutes à pied, nous arrivons dans la périphérie de Martigny, là ou se trouvent les caves Orsat dont une partie a été rachetée et redecorée par WhiteFrontier pour s’y installer. Le ton est donné, façade noire et matte avec un grand logo WF pour se differencier des tolles couleur rouille des caves, petit jardin de caillou à l’entrée avec bancs et tables et même un petit pont qui passe par dessus une ruisseau vide. La classe. L’entrée, une façade de verre, nous permet d’amirer l’intérieur du bar. Tout de bois et métal, avec un bel éclairage, l’endroit en jette. Et est plein. Il y a quand même beaucoup de pros. On voit passer des plateaux de spare ribs et de nachos. C’est bon, je suis conquis. Un projecteur affiche au plafond la liste des breuvages, une douzaine environ, dont quelques exclusivités en plus de l’assortiment standard. Et c’est la que le titre de pro prends tout son sens, Carole va nous arroser de bons boisson toute la soirée. Autant dire qu’on ne s’est pas privé pour tout gouter. Parmi mes favorites, nous avons ainsi pu découvrir une variation de la Amor Fati avec un soupçon de pamplemousse, ainsi qu’une pale ale avec une touche de miel. Dans les moins appréciée, il y a une gose, un type de bière spontanée d’origine allemande. Même si les acides (les bière, hein), sont désormais à la mode chez nos amis ricains, pour avoir tenté de partager mon verre avec mes voisins, on peut dire que ce n’est pas encore revenu à la mode de ce côté ci de la grande flaque. Il est à noter qu’on peut voir la brasserie à travers une paroi vitrée derrière le bar avec en premier plan les cuves et au loin derrière ce qui semble être des fûts en bois… Curieux de savoir ce qu’ils contiennent.

Vue du bar depuis la brasserie

A noter que pour combler les faims et surtout par rigueur scientifique, nous avons également profité de tester le plateau de dégustation. Spare ribs (déjà approuvées), pulled pork, poulet fumé, salade et pommes de terre. Ca donnerai presque envie d’avoir encore faim! On peut voir que malgré les efforts photographiques, il ne nous est même pas venu à l’idée de prendre le plateau en photo. Ca n’en laissera que plus à votre imagination!

En fin de soirée, une petite marche rapide doit nous ramener à la gare. C’est qu’il n’y en a pas tant des trains pour retourner en vaudoisie comme ils disent en jargon local. Et la preuve qu’il est bon d’envoyer des éclaireurs préparer le terrain, ce qui semblait être une raccourci vers ladite gare s’est en fait avéré être un genre de parcours d’obstacle avec barbelés et murs à escalader. Ainsi on saura pour la prochaine fois!

Car prochaine fois il y eut, et fort peu de temps plus tard. En effet, le samedi, c’était l’inauguration publique. Un peu pareil, mais avec plus de monde encore et des concerts dans le vent martignerain. Sauf que cette fois ci, on a réussi à s’incruster dans une visite de la brasserie! Nous avons ainsi pu jeter un oeil sur ces installations clinquantes dont vous pourrez vous faire une idée par vous même d’ici quelques semaines, mais en attendant, laissez moi vous faire envie. Les halles sont spacieuses et le matériel rutilant, de quoi faire rêver. Le brasseur nous montre ses machines et réponds à nos questions, d’ailleurs, il doit parfois s’absenter, même pendant l’inauguration, le brassage ne s’arrête pas! Pour clore la visite, nous nous approchons des fameux fûts de bois apercus plus tôt!

Fûts de whisky, de vin, de bourbon ou encore de… Je sais plus, mais il y en avait encore un autre… Le brasseur amène un genre de grande pince, comme pour arracher des dents ainsi qu’un vaporisateur de solution alcoolique. Mais c’est en fait un clou situé à mi hauteur du fût qui une fois désinfecté sera l’objet de l’extraction et soudain un jet de couleur ambrée jaillit dans un premier verre placé dessous, bientôt remplacé par un autre et ainsi de suite jusqu’à ce qu’on soit tous servis. A ce moment, il replante le clou dans le trou dont il l’avait sorti après l’avoir à nouveau désinfecté. Il s’agit en fait de pouvoir gouter le précieux liquide placé dans le fût qui lui transmettra petit à petit ses arômes et savoir à quel moment l’en retirer et mettre en bouteille. Et on évite ainsi au maximum les risques de contamination, que se soit par l’arrivée d’oxygène ou pire, par contact. C’est ainsi que nous avons eu le privilège de tester ces divins nectars en préparation et je peux vous assurez d’une chose, il vaut la peine de surveiller les prochaines bières spéciales de White Frontier! Ben tiens, je vais aller me chercher une bibine, ca donne soif d’écrire un texte que personne ne lira jusqu’au bout. Craak! Pshiiit! Glou glou glou, aaaaaah. Oui, je sais, je fais super bien la binch qu’on ouvre.

Bref, j’espère ainsi vous avoir donné ne serait-ce qu’un peut l’envie de nous accompagner à la prochaine expédition à Martigny, ya du bon boire, avec du bon manger, dans un bel endroit. Et en plus, c’est super intéressant!

Inscriptions ci dessous pour l’expédition du 21 octobre :

Nom Prénom (comme sur la carte pour les membres)*

Adresse e-mail *

Numéro de téléphone

Nombre de membres*

Nombre de non-membres accompagnants *

Commentaire

 

Chers membres, Chers amis,

L’ABO a décidé de renouveler sa participation à la Fête multiculturelle à Vevey. Après plusieurs éditions aux commandes du stand belge, l’ABO avait renoncé en 2016 à cette manifestation, pourtant très populaire, faute d’effectif.

C’est là que vous intervenez! Si vous avez un peu de temps pour votre association brassicole préférée entre le vendredi 23 et le dimanche 25 juin 2017, remplissez le formulaire de contact http://abo-ch.org/agenda/ et venez servir bières et frites ou participer au montage/démontage du stand (vous pouvez préciser vos disponibilités sous commentaires).

Délai de réponse : 8 mai 2017

Un grand merci par avance pour votre participation !!

Avec nos salutations houblonnées.

PV de l’AG de l’ABO-Vd 17

Malgré l’effort manifeste de concision dans le titre, ainsi que le délai inacceptable de publication du document si somairement pré-cité, je vous prie de bien vouloir accueillir le :

Procès Verbal de l’Assemblée Générale de l’Association des Buveurs d’Orge, section Vaud
Corsier-sur-Vevey, le 3 février 2017

  • Ouverture de la séance
  • Mot du président Nicos :
    • Santé! Et vive le président!
  • Rapport d’activité
    • Brassage en public en septembre
    • Visite du Festymalt à Yverdon en septembre
    • Visite du stand Amstein à Martigny à la Foire du Valais en octobre
    • Visite de la brasserie de la Nébuleuse à Lausanne en novembre
  • Présentation des comptes
    • Rapport des vérificateurs de compte (Claire Gavin et Maxime Gomez)
    • Remarques de Boris :
      • « Il faut normalement splitter les entrées Bénéfices et Couts manifestation au lieu d’avoir une seule entrée pour le résultat des deux »
      • « L’entrée de compte due à la fusion des comptes d’avec ceux de l’ABO Lausanne ne devrait pas figure en tant que tel, il ne s’agit pas d’un bénéfice puisque celui ci appartenait déjà à l’association »
    • Aparté rétrospectif de la part de Jacques quand à l’ABO, PTL et la maison Amstein SA.
    • Les comptes sont validés à l’unanimité, pas d’abstention, pas de refus
    • Le comité est déchargé à l’unanimité, pas d’abstention, pas de refus
    • Election des vérificateurs de compte
      • Boris Roulet et Raoul Gendrot se présentent
      • Election à l’unanimité, pas d’abstention, pas de refus
  • Présentation et élection du comité ABO-VD 2017
    • Pas de nouvelles candidatures, le comité actuel se représente
    • Ré-élection du comité à l’unanimité, pas d’abstention, pas de refus
  • Discussions divresse
    • Lucas demande à ce que des membres se proposent à participer à l’animation du site web. Disponible pour aide technique ou rédactionelle, mais il a besoin de contenu! Aucun volontaire.
    • Qu’attendent les membres de l’ABO et comment les faire venir :
      • Vaste sujet et discussions partant en tous sens
      • Boris, Raoul et Lucas conviennent de se retrouver à une date ultérieure pour discuter des pistes soulevées en cette heure tardive. Voici pêle-mêle les points abordés :
        • Que signifie « artisanal »?
        • Qu’est-ce qu’une catégorie de bière?
        • Quid des publicités misogyne de Cardinal?
        • Calvinus (brasserie « artisanale » GE)
        • Valaisanne (bière « artisanale » VS)
        • Brunette (bière « artisanale » VD)
        • Concours de la meilleure Bière du monde
        • LADB (loi sur les auberges et les débits de boissons du canton de Vaud) interdit la vente à l’emporter de bière mais permet celle de vin chilien jusqu’à 22h
        • Présence d’enzymes et autres produits chimique dans le matériel de home brewing
        • Bières régionales avec malts étrangers
        • Qualité microbiologique des brasseurs
  • Cloture de la séance

Visite de la Nébuleuse

Oyez! Oyez! Larguez les amarres, démarrez le moteur et accrochez vous, le zeppelin décole!

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Le commandant et son fidel mousse (haha) s’affairent en cabine pour diriger le dirigeable (haha bis repetita), direction Malley. Une mousse en main (haha, bon ok, j’arrête), de la Dead Pony (que voulez vous, on ne se refait pas), ils contemplent le paysage lémanique défiler sous leur fier navire volant.

Après un agréable vol, les voila qui rejoignent le reste de l’équipage au pied de la Nébuleuse, avec seulement une demi-heure de retard. Un record. C’est ainsi que nous pouvons enfin pénétrer dans la fabrique à bonheur gazeux. Après quelques aller-retour d’ascenseur pour faire monter toutes les poussettes (dans un sens, on peut dire que l’association se rajeunit), nous posons le pied sur un petit paradis au milieu des nuages, le bar de la brasserie!

 

Bar de la Nébuleuse
Bar de la Nébuleuse

Pour commencer, une brève présentation de l’aéronef dans lequel nous embarquons : La Nébuleuse, dirigeable fondé au Flon, à Lausanne, en février 2014 par trois compères avide de Bière et de bon goût. Le succès se manifeste vite, la preuve, ils étaient présents en mai de la même année à la Fête de la Bière! Mais déjà leur navire commence à manquer de tonnage, il faut s’agrandir. Suite à des recherches de fonds, ils parviennent à financer l’installation d’une nouvelle brasserie aux dimensions plus à leur convenance à Malley, dans de grandes halles industrielles, les anciennes Imprimeries Réunies de Lausanne, les IRL. L’équipage compte désormais 13 ou 14 membres dont 4 brasseurs. Leur objectif, produire un assortiment de Bières régulières et de qualité afin de payer les salaires pour que d’un autre coté, ils puissent produire une variété de saisonnières et autres collaborations afin de se renouveler et tenter de nouvelles expériences, à l’image de cette Milk Stout que j’ai assez vite repéré.

 

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Revenons à nos moutons. C’est donc dans le bar de la brasserie que nous rencontrons Francesco qui sera le stewart lors de notre voyage au paradis. On commence donc par gouter la Zepp’, une american ale bien maltée. Celle ci est brassée pour être servie à la pression uniquement dans le but d’en réduire les couts de production et concurrencer les liquides couleur pisse qui monopolisent les débits de boisson, tel la Feldsleschier (elle est pas de moi mais de Francesco, je regrette de ne pas y avoir pensé avant) et montrer qu’on peut faire de la bière de soif, régionale, de qualité et avec du caractère tout en maintenant un prix concurrentiel.

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photo122911158330042449Une fois le premier verre nettoyé, on attaque le corps de la visite, la brasserie. Celle ci, que l’on peut admirer depuis le bar à travers de grandes baies vitrées, est composée de la zone de brassage en elle même et par laquelle la balade débutera, la zone de fermentation et le dépôt de stockage des matériaux.

Notre petit groupeDonc, la zone de brassage est composée d’un alignement de grandes cuves en inox, reliées par des amas de canalisations. La première de celles-ci, la cuve d’empâtage est alimentée par une vis sans fin qui permet de faire monter la céréale préalablement concassée pour la plonger dans l’eau chaude ou elle cuira afin d’en extraire et transformer les chaines d’amidon complexes en sucres fermentissibles plus simples que les levures pourront consommer plus tard.

Pour vérifier la couleur du liquide

Cette mache (ce mash?) passe ensuite dans la cuve suivante où elle sera filtrée pour en retirer le solide, les drèches, et n’en garder que la partie liquide, le moût. Les drèches seront revalorisées en biomasse pour en faire du gaz et en nourriture pour cochons.

Au sortir de cette cuve, le brasseur peut contrôler la couleur du liquide afin de s’assurer d’une macération suffisante. Et si la couleur ne lui plait pas, peut être qu’elle finira en brassin spécial?

La 3ème cuve est dévolue au houblonnage, étape durant laquelle le brasseur verse ses pellets de houblon durant une nouvelle phase de cuisson pour porter le moût à ébulition durant un temps précis afin d’isomériser les résines dudit houblon. Et non, je ne sais pas ce que signifie isomériser, mais ca sonne bien.

Echangeur thermique
Echangeur thermique

Cette étape terminée, il va désormais falloir faire passer le liquide de sa température d’ébullition (~100°) à sa température de fermentation (~20°). En effet, les levures (nos amies qui transforment le sucre en alcool et gaz carbonique) ne survivraient pas à des températures trop élevées, mais il faut descendre en température le plus vite possible afin d’éviter que d’autres indésirables (bactéries ou autres) ne colonisent la boisson et la transforment en vinaigre. Et c’est là qu’intervient l’échangeur thermique et la réserve de glycol réfrigéré.

Echangeur thermique
Echangeur thermique

Pour faire simple, il s’agit de transférer la chaleur contenue dans la future bière au glycol réfrigéré à -6°C via un genre de radiateur. C’est plus stylé que notre technique qui consiste à plonger la cuve dans une fontaine.

 

photo122911158330042442Une fois la boisson rafraîchie et confortablement installée dans sa cuve de fermentation, le brasseur peut l’ensemencer en y versant la préparation de levure qui va travailler durant les jours qui suivent afin de mettre de la magie dans la Bière. Une cuve de fermentation faisant dans les 3000L et celles de brassage un peu plus de 1500L, ce sont généralement deux brassins qui seront préparés en 1 journée.

Pour l’Embuscade et la Stirling, une étape supplémentaire est réalisée avant l’ensemencement, le houblonnage à froid. Cette technique qui vise à ajouter un (ou

HopRocket
HopRocket

plusieurs) houblon(s) une fois le liquide refroidi permet d’aromatiser encore un peu plus la Bière avec cette plante que l’on aime temps. Et comme ils ne font pas les choses à moitié chez Nébuleuse, ceci est fait à l’aide du HopRocket, un genre de fusée en direction du bonheur de l’amertume. Le liquide est passé à travers une épaisseur de houblon à température ambiante sous une pression de 3 bars durant toute la nuit. Cette extraction à froid permet de retirer d’autres éléments (bien plus gustatifs et olfactifs) que lors du houblonnage à chaud, réalisé comme son nom l’indique à des températures bien plus élevées.

Pour finir, au terme de la période de fermentation, ce qui est désormais de la Bière sera ensuite conditionné, que ce soit en fût, bouteilles ou même canettes (pour l’Embuscade uniquement pour le moment).

Pour clôturer la visite et étancher les soifs suscitées par tant d’information, Francesco nous a ensuite fait gouter diverses bières, saisonières ou régulières. Nous pouvons donc redescendre sur terre, le coeur léger et la tête dans les nuages. C’était un beau voyage.

Et que vogue la Nébuleuse!