EBCU en détail

Naissance

L’EBCU est fondé à Bruges en 1990 par les trois organisations représentant la Grande Bretagne, les Pays-Bas et la Belgique. Depuis le cercle s’est élargi à 13 pays regroupant presque tous les pays d’Europe (manquent l’Allemagne et les pays ibériques). La France (ATPUB) a malheureusement abandonné la participation en 2009. L’ABO est un des 13 membres à part entière de cette organisation depuis 1992.

Définition et Mission

L’EBCU coordonne les activités des organisations des consommateurs dans les pays des associations membres. Elle est indépendante de tout influence politique, religieuse, et surtout de brasserie ou groupe brassicole industriel.

L’EBCU se manifeste au niveau européen par du « lobbying » et des publications en faveur de la diversité et la culture de la bière (surtout traditionnelle).

L’EBCU soutient les brasseries traditionnelles dans leurs actions contre les offres d’achat ou de reprise par des géants brassicoles portant la menace de fermeture ou d’abandon de recettes traditionnelles et locales.

L’EBCU soutient le buveur-consommateur européen pour obtenir une information claire sur le produit, et lui garantir la qualité, la diversité, et le meilleur rapport qualité-prix.

Manifeste

L’EBCU publie un manifeste, c’est-à-dire un concentré de sa mission et ses buts sur deux pages, toutes les cinq ans. Le dernier date de 2013 et il existe en ce moment en anglais (document principal), en néerlandais, en français et en suédois. http://www.ebcu.org/

Le manifeste contient les points suivants:

  • La bière est une boisson de tradition en Europe et mérite d’être soutenue par la politique européenne. Elle est brassée sur notre continent depuis plus que 3000 ans.
  • La production et vente de bière emploie 750,000 personnes en Europe, et contribue à la hauteur de 57 milliards d’Euros à l’économie par année.
  • Il a été prouvé que la consommation modérée d’alcool ne nuit pas à la santé. Seule la petite minorité qui en abuse doit être l’objet de mesures de repression ou de restriction.
  • Les petits cafés et bars ont une fonction dans la communauté. Ils jouent un role social et doivent être soutenus, p.ex. en évitant une taxation abusive des ventes en lieux publiques qui pousse les consommateurs à boire à la maison.
  • L’UE subventionne l’industrie viticole. Le bière est un produit agricole tout comme le vin et doit être traitée de la même façon.
  • L’EBCU soutient l’utilisation de bouteilles consignées, et propose que l’UE oriente les subventions vers les petites brasseries pour améliorer leur bilan énergétique et de carbone.
  • L’EBCU demande une déclaration plus complète des ingrédients sur les étiquettes.
  • Les monopoles d’état établis dans certains pays limitent le choix pour le consommateur et doivent être abandonnés.

Structure et réunions

L’EBCU est composé d’un Bureau (président, deux vice-présidents, secrétaire, trésorier, suppléant) et des associations membres, actuellement au nombre de 13 et par définition d’une seule association par pays:

Suisse (ABO), Irlande (BEOIR), Autriche (Bier IG), Pologne (Bractvo Piwne), Grande-Bretagne (CAMRA), Danemark (Danske Ølenthusiaster), Norvège (NORØL), Finlande (Olutliitto), Pays-Bas (PINT), République tchèque (Sdruzeni Pratel Piva), Suède (Svenska Ölfrämjandet), Italie (Unionbirrai), Belgique (Zythos).

Le nombre de membres individuels par association membre varie fortement, d’environ 100 (ABO, NORØL) à presque 180,000 (CAMRA).

Chaque organisation nomme un à trois délégués EBCU en fonction du nombre de membres individuels dans leur association.

La cotisation annuelle se compose d’un montant fixe (actuellement 150 Euros) et d’une part variable (actuellement 0.10 Euro par membre). C’est-à-dire pour l’ABO et ses 104 membres (à la fin 2015) un total de 160.40 Euros pour 2016. Les associations non-lucratives poursuivant les mêmes intérêts dans un pays qui est déjà représenté par une association membre peuvent devenir membre associé, sans droit de vote mais avec droit de participation aux réunions, et avec une cotisation de 150 Euros (2016) sans part variable.

Réunions

L’EBCU tient une réunion de travail de deux jours entiers (en général un vendredi et un samedi) par semestre, en principe en avril et en octobre-novembre. Y participent le bureau et les délégués, et l’organisation se fait localement par l’association membre responsable (avec le soutien de l’EBCU) en rotation. L’ABO Suisse a organisé cette manifestation en printemps 1996 à Vevey, en printemps 2002 à Lausanne, et en automne 2010 à Bienne.

Les délégués EBCU doivent soumettre au bureau un rapport semestriel sur l’activité de leur association et les développements dans le paysage brassicole de leur pays avant chaque réunion. Ces rapports sont distribués est discutés lors de la réunion.

L’EBCU organise en outre une réception, avec présentation et dégustation de bières des pays des associations membres, lors de la rentrée du parlement européen en automne (septembre) à Bruxelles. Le but est de sensibiliser les MEP (Members of European Parliament) aux idées et buts de l’EBCU au niveau politique et aux multiples soucis des petits brasseurs en Europe (lobbying). Votre serviteur, successeur de Laurent Mousson bien connu, s’y est rendu en 2008, 2012 et 2015; les bières suisses présentées (BFM, Trois Dames, Jorat, Nébuleuse,…) y ont rencontré un grand succès.

Activités récentes, et avenir

Les 25 ans de l’EBCU ont été dûment célébrés en 2015, d’abord en printemps-été dans les associations membres avec une bouteille Cuvée EBCU 1990-2015 St-Feuillien de 300 cL (double magnum, pour l’ABO lors de la FDLB en mai à Vevey) et puis en grande finale à Bruxelles lors de la réception pour la rentrée des MEP, en octobre avec la même cuvée mais dans une unique bouteille de 900 cL (17 kg avec le verre – il fallait deux personnes pour soulever et verser!).

Des pourparlers sont en cours pour recruter une association membre dans les pays ibériques, en Allemagne, en Estonie (où une première réunion EBCU a eu lieu en printemps 2016), et aussi pour en réintégrer une en France.

Sans contester le rôle de l’ABO au sein de l’EBCU, cette dernière c’est néanmoins posé la question si l’ABO y représentait vraiment la Suisse avec sa base qui se limite aux cantons de Vaud et du Valais. J’ai fait connaissance (et je suis entre temps devenu membre) de la GFB (Gesellschaft zur Förderung der Biervielfalt – association en faveur de la diversité de la bière), une association avec des devises et buts correspondant à ceux de l’EBCU et de l’ABO, et qui en ce moment compte environ 400 membres. Comme l’ABO, la GFB opère en ce moment dans un rayon géographique limité, à Zurich et environs. Pour ceux qui lisent la langue de Goethe, leur newsletter, appelé « BIER » dans la plus grande simplicité, parait quatre fois par année: www.biervielfalt.ch. Les membres de la GFB se rencontrent, en plus des événements agendés, en « stamm » tous les premiers lundis du mois au buffet de la gare de Zurich où l’accès est facile et le choix de bières (suisses) riche.

Comme une seule association par pays peut être membre entier de l’EBCU, un poste occupé par l’ABO, j’avais exposé la situation et évoqué une éventuelle fusion de l’ABO avec la GFB (et le maintien des deux comme sous-sections) lors de l’AG de l’ABO en janvier 2015 à Corsier. Le long débat qui a suivi a montré que le temps n’était clairement pas mûr pour une telle idée. J’ai observé un brin de méfiance, et ceci des deux côtés de la Sarine. Pour ne pas rater le train la GFB a entre temps envoyé une demande de devenir Membre Associé de l’EBCU (cf. ci-sessus). Pour ce statut l’EBCU ne connait pas de limite, et cela permet à la GFB d’être au courant – et on peut toujours rediscuter d’une fusion ou d’une association faitière dans un moment plus propice. Comme toujours, il faut respecter les traditions mais en même temps être ouvert aux changements.

Septembre 2016

Nick Bersinger

Délégué EBCU pour l’ABO Suisse